Aciclovir

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Dernière modification de cette page le 27 mars 2017
Aciclovir.

Synonyme(s) : acyclovir, acycloguanosine (acyclo-G)
Anglais : acyclovir
Espagnol : aciclovir
n. m. (DCI). Antiviral, analogue nucléosidique de synthèse de la 2’-désoxyguanosine dont le sucre cyclique (pentose) est substitué par une chaîne aliphatique acyclique : 2-amino-9-[(2-hydroxyethoxy)methyl]-1,9-dihydro-6H-purin-6-one (C8H11N5O3). L’aciclovir est l'un des principaux médicaments qui a ouvert une voie nouvelle en chimiothérapie antivirale ; c'est un inhibiteur puissant de la réplication des Herpes simplex virus type 1 (HSV-1), type 2 (HSV-2) et du virus de la varicelle et du zona (VZV) ainsi que du virus B du singe. Sa très grande spécificité et sa très faible toxicité sont liées à son mécanisme d’action qui fait intervenir deux enzymes virales, la thymidine kinase et l’ADN polymérase. Il ne détruit pas le virus mais bloque la réplication de l’ADN viral dans la cellule hôte, il est inactif sur les virus latents.
Lors de la réplication virale, la thymidine kinase virale convertit l’aciclovir en forme monophosphate, acyclo-GMP : cette enzyme, codée par le génome virale, n’est synthétisée que dans des cellules infectées par le virus lors de la phase précoce (protéines β) de la réplication virale. Son activité de phosphorylation est plus efficace (3 000 fois) que celle de la thymidine kinase cellulaire. Deux phosphorylations suivantes, par des kinases cellulaires, transforment l’acyclo-GMP en forme active triphosphate, acyclo-GTP, qui est un très puissant inhibiteur de l'ADN polymérase virale (100 fois plus d'affinité pour la polymérase virale que pour la polymérase cellulaire). L’acyclo-GTP agit alors en inhibant sélectivement l’ADN polymérase virale, par un mécanisme de compétition avec la désoyguanosine triphosphate, et bloque ainsi l’élongation de la chaîne d’ADN ; on dit que c’est un terminateur de chaîne.
La plus grande activité antivirale de l'aciclovir contre HSV par rapport à VZV est due à sa phosphorylation plus efficace par la thymidine kinase virale. La résistance à l’aciclovir, constitutive ou inductible, provient soit d’une déficience de production de la thymidine kinase virale soit d'une mutation de la thymidine kinase virale ou de l’ADN polymérase virale, entraînant une diminution de l’affinité pour ce médicament. À ce jour, cette résistance est rare et se rencontre principalement chez les patients immunodéprimés.

Inscrit sur la liste des Médicaments essentiels de l'OMS et à la Pharmacopée Européenne (monographie 01/2014, 0968).


L’aciclovir est administré, par voie locale, dans les infections à Herpes simplex virus (HSV-1 et HSV-2) ou par voie générale dans les formes sévères d’herpès (gingivostomatites et ménigo-encéphalites herpétique,...) et celles dues au virus de la varicelle et du zona (VZV), notamment dans la varicelle de l'adulte ou de l'immunodéprimé, la varicelle du nouveau ou de la mère en pré-partum ou post-partum immédiats, le zona dans ses formes graves ou en prévention des complications oculaires. Pour une administration orale, on utilise le valaciclovir.

Historique : L'aciclovir a été découvert en 1974 par Howard J. Schaeffer (brevet US4146715 A à son nom, date de publication : 27 mars 1979 / date de dépôt 28 février 1977 / date de priorité 27 août 1975 ;http://www.google.com/patents/US4146715). Il a ensuite été développé par Gertrude Belle Elion, 1918 –1999, biochimiste américaine, prix Nobel de médecine en 1988 (associée à James Black et George Hitchings) pour ses travaux sur la conception de nouveaux médicaments.

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