Calichéamicine

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Dernière modification de cette page le 28 septembre 2017


Cancérologie - Pharmacognosie



Calichéamicine.

Anglais : calicheamicin
Espagnol : calicheamicina
Allemand : Calicheamicine
Étymologie : du quechua cachi sel, terme transformé en calchi, puis en espagnol caliche minerai dont on extrait le nitrate de sodium au Chili et au Pérou, suffixe –micine, altération de –mycine, grec μύκης múkês champignon
n. f. Nom désignant plusieurs antibiotiques de la classe des ènediynes, produits par fermentation de souches de l’actinomycète Micromonospora echinospora. Propriétés antibactériennes, mais surtout anticancéreuses très puissantes ; produits cytotoxiques qui, en se liant au petit sillon de l’ADN, entraînent des cassures irréversibles de l’ADN aboutissant à la mort cellulaire par apoptose. Toxicité très élevée, interdisant l’emploi direct de ces substances en thérapeutique anticancéreuse. L’une de ces calichéamicines, la calichéamicine γ1I, après transformation en un dérivé hémisynthétique (ozogamicine), est intégrée dans des immunoconjugués (antibody-drug conjugate = ADC), constitués de l’ozogamicine cytotoxique et d’un anticorps monoclonal choisi en fonction de la cible visée ; ils sont unis par un bras de liaison stable, clivable à pH acide, permettant de délivrer après internalisation un dérivé de la calichéamicine (le diméthylhydrazide de la N-acétyl-γ-calichéamicine) directement à l’intérieur des cellules cancéreuses ciblées (pH acide), augmentant ainsi l’efficacité thérapeutique et diminuant la toxicité générale.

L'un de ces immunoconjugués, l’inotuzumab ozogamicine (DCI), contenant un anticorps monoclonal humanisé ciblant l’antigène CD22, l'inotuzumab, conjugué à l’ozogamicine, est en cours d’évaluation clinique dans certaines formes de leucémies aiguës lymphoblastiques. Bénéficiant depuis 2013 du statut de médicament orphelin pour le traitement en monothérapie, chez l’adulte, de la leucémie aiguë lymphoblastique à précurseurs B, en rechute ou réfractaire au traitement, il a obtenu en 2017 une AMM d’abord européenne, puis états-unienne dans cette indication, après qu’une ATU de cohorte lui a été accordée au début de cette même année ; son utilisation est restreinte aux patients chez lesquels un traitement antérieur par au moins un inhibiteur de tyrosine kinase a échoué. Une possible hépatotoxicité (maladie veino-occlusive) est soupçonnée.
Dans le gemtuzumab ozogamicine (DCI), le cytotoxique est conjugué à un anticorps monoclonal humanisé anti-CD33 (gemtuzumab) ; approuvé aux États-Unis en 2000 chez certains patients souffrant de leucémie aiguë myéloïde, cet immunoconjugué a été retiré du marché en 2010 en raison d’un mauvais rapport bénéfice-risque ; il est l’objet de nouveaux essais cliniques (ATU en France) selon des protocoles différents des précédents.
Cf immunoconjugué, ozogamicine, inotuzumab ozogamicine, gemtuzumab ozogamicine.

Historique : Le nom « calichéamicine » vient de ce que le microorganisme producteur de cette substance a été isolé, dans les années 1980, à partir d’un gisement de caliche situé près de Kerrville au Texas.

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