Cannabis

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Dernière modification de cette page le 02 mars 2017


Pharmacognosie



Synonyme(s) : chanvre ou chanvre indien
Anglais : cannabis ou hemp
Espagnol : cannabis ou cañamo
Étymologie : grec κάνναϐις kánnabis chanvre, vêtement en toile de chanvre, latin cannăbis chanvre
n. m. Grande herbacée dioïque (Cannabis sativa L., appartenant au genre monospécifique Cannabis, Cannabaceae) à tige cannelée dressée et feuilles palmatiséquées (5 à 7 lobes à bords dentés) bien reconnaissables ; fleurs femelles en cymes compactes mêlées de bractées foliacées ; fruit ovoïde lisse et grisâtre (akène : chènevis). Très grande plasticité botanique et chimique de la plante selon son environnement (terrain, climat). Présence de nombreux cannabinoïdes, psychoactifs (Δ9-tétrahydrocannabinol = THC) et non psychoactifs (en particulier cannabidiol = CBD). Plusieurs types selon les teneurs respectives en THC et CBD.

Cannabis à résine

Anglais : Indian hemp ou hemp (resin type)
Espagnol : cañamo con resina ou cañamo indico
Étymologie : grec κάνναϐις kánnabis chanvre, vêtement en toile de chanvre, latin cannăbis chanvre, latin rēsīna résine
Cannabis avec sommités florifères produisant une résine (« résine de cannabis ») à forte teneur en THC (5-20%) et dépourvue de CBD. Nombreuses présentations utilisées à des fins récréatives et entraînant une toxicomanie ; dénominations variées selon les pays et le produit utilisé (Inde : bhang, sommités femelles et mâles ; ganjah, sommités femelles et résine ; chara, résine. Afghanistan, Arabie, Égypte : haschich, analogue au ganjah, éventuellement mêlé à des produits aromatiques ou psychotropes. Maroc : kif, sommités hachées conditionnées en paquets. Mexique et États-Unis : marijuana, sommités mêlées à du tabac. Consommation en France (importante bien qu’illicite) provenant majoritairement du Maroc (résine) et des Pays-Bas (« herbe », nederwiet), également part croissante de l’autoculture. Utilisation par les toxicomanes de différentes formes de cannabis à teneur en THC de plus en plus élevée : sommités florifères femelles (herbe, shit, tarpet, pétard, dans le jargon des utilisateurs), fréquemment fumées en association avec du tabac (joint) ; résine (haschich, hasch), consommée par inhalation de la fumée ; « huile » de cannabis, forme très concentrée en THC (50 %) obtenue par extraction du haschich par des solvants. Multiples effets pharmacologiques du cannabis après inhalation ou prise per os : le THC, très lipophile, rapidement absorbé, se lie aux récepteurs aux cannabinoïdes ; manifestations somatiques peu marquées ; effets psychiques aigus importants et très variables selon l’individu, la dose de THC, le contexte, caractérisés par des modifications de la perception sensorielle et temporelle associées à une sensation recherchée de bien-être euphorique et d’excitation intellectuelle.
Risques aigus dominés par des symptômes anxieux (attaque de panique) et des hallucinations ; danger dans la conduite automobile et l’utilisation de machines ; intoxications pédiatriques potentiellement graves (troubles cardiaques, ventilatoires et neurologiques) signalées chez de jeunes enfants à la suite d’une ingestion accidentelle de cannabis. Risques chroniques proportionnels à l’intensité de la consommation : troubles psychotiques, schizophrénie, syndrome « amotivationnel » surtout chez l’adolescent, diminution possible des défenses immunitaires, risques liés à l’inhalation de la fumée (cancer broncho-pulmonaire) ; dépendance psychologique associée à une dépendance physique faible. La consommation régulière par une population de plus en plus jeune constitue un véritable fléau social souvent associé à tort à une image et une culture de non-dangerosité ; effets à long terme incertains et sujets à controverses.

Emploi du cannabis à des fins thérapeutiques actuellement limité à quelques pays et dans des indications restreintes (notamment chez des malades cancéreux ou sidéens, comme anti-émétique, orexigène, analgésique) : THC (dronabinol, DCI) et analogue structural synthétique du THC (nabilone, DCI), emploi per os ; formes à fumer (inflorescences titrées en THC) ; intérêt thérapeutique discuté en raison du risque d’effets psychiques indésirables ; association dronabinol-cannabidiol (nabiximols, nom adopté aux États-Unis) en spray oral (AMM accordée en France en janvier 2014 dans le traitement de la spasticité liée à la sclérose en plaques, avec mise en place d’un suivi en matière de pharmacovigilance et d’addictovigilance). Prescription possible de dronabinol ou de nabilone dans le cadre d’autorisations temporaires d’utilisation (ATU nominatives). Potentialités à l’étude de l’utilisation thérapeutique de dérivés non psycho-actifs


Cannabis à fibres

Anglais : hemp ou hemp (fiber type)
Espagnol : cañamo con fibras
Étymologie : grec κάνναϐις kánnabis chanvre, vêtement en toile de chanvre, latin cannăbis chanvre, latin fĭbra fibre des plantes, filaments
Cannabis avec teneur en THC très faible ou nulle.

Clones sélectionnés cultivés en climat tempéré (culture réglementée en France) pour la production de fibres (industrie textile, fabrication de papiers spéciaux et de matériaux isolants), de l’huile des graines (siccative) et du chènevis (aliments pour animaux de cage).

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