Chimiothérapie

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Dernière modification de cette page le 19 juillet 2017
Anglais : chemotherapy
Espagnol : quimioterapia
Étymologie : grec χυμεία khumêía magie noire, alchimie et θεραπεία therapéia soin, soins, respect pour les parents, soins attentifs, prévenances, sollicitude, soins quotidiens, entretien, traitement, soins du corps
n. f. Méthode de traitement des maladies faisant appel à des substances chimiques.


Chimiothérapie anticancéreuse

Anglais : chemotherapy
Espagnol : quimioterapia anticancerosa
Méthode de traitement du cancer faisant appel à des substances anticancéreuses. On distingue les chimiothérapies « classiques », utilisant des substances actives commercialisées avant 2001 et des thérapies « ciblées » apparues depuis cette date. Les protocoles de chimiothérapie comportent maintenant des associations de ces deux catégories. La chimiothérapie fait appel à :
  1. Des agents alkylants (anglais alkylating chemotherapy, espagnol quimioterapia con agentes alquilantes), qui, du fait de leur électrophilie, réagissent avec les doublets libres des atomes d’oxygène et d’azote des bases puriques et pyrimidiques de l’ADN ou des ARN en provoquant des lésions difficilement réparables conduisant à l’apoptose ; les lésions les plus létales pour les cellules en division rapide sont les lésions interbrins (hélice d’ADN en doubles brins appariés).
    Comprennent les dérivés des moutardes à l’azote (prototype : le gaz moutarde ou ypérite), historiquement les premiers (chlorméthine, melphalan…), les oxazaphosphorines (cyclophosphamide, ifosfamide…), les nitrosourées (bendamustine, carmustine, fotémustine, streptozocine qui est un agent méthylant…), des agents alkylants divers (busulfan, témozolomide qui est un analogue de la dacarbazine, thiotépa…). Par analogie, les dérivés du platine-II (carboplatine, cisplatine et oxaliplatine) forment des complexes « platinants » avec les bases de l’ADN conduisant à des pontages inter- et intrabrins.
  2. Des agents bloqueurs de la biosynthèse des bases puriques ou de l’élongation de la chaîne d’ADN lors de la réplication en phase S, comprenant les antipuriques, analogues des bases nucléiques (fludarabine, mercaptopurine, thioguanine…) ou antipyrimidine (capécitabine, cytarabine, fluorouracile, gemcitabine, raltitrexed…) et les substances interférant avec la biosynthèse des folates (méthotrexate, pémétrexed).
  3. Des inhibiteurs des topoisomérases (enzymes nécessaires au relâchement des contraintes topologiques de l’ADN au cours de sa réplication), topoisomérases I (dérivés de la camptothécine : irinotécan, topotécan) et II comprenant des substances initialement classées comme agents intercalants, telles les anthracyclines (daunorubicine, doxorubicine…) et épipodophyllotoxines (étoposide et phosphate d’étoposide). L’[[Éribuline (mésilate d')|éribuline]] (dérivée des halichondrines) et l’ixabépilone (dérivée des épothilones), très récemment mises sur le marché, semblent également avoir l’ADN comme cible.
  4. Des antimitotiques Cf antimitotique.
  5. L’hormonothérapie (anglais hormonotherapy, espagnol hormonoterapia), pour traiter les tumeurs malignes hormonosensibles (cancers du sein et de la prostate, notamment), comprenant antiandrogènes (bicalutamide, cyprotérone, flutamide, nilutamide…), antiœstrogènes (fulvestrant, raloxifène, tamoxifène, torémifène), inhibiteurs de l’aromatase (anastrozole, exémestane, létrozole), antagoniste de la GnRH (abarélix, dégarélix ; œstrogène : diéthylstilbestrol), agonistes de la GnRH (buséréline, goséréline, leuproréline, triptoréline), analogues de la somastatine (lanréotide, octréotide), progestatifs (médroxy-progestérone, mégestrol).
  6. La BCG-thérapie (BCG atténué) pour certains cancers vésicaux ou des cytokines (aldesleukine et interféron α-2 b).
  7. Des inhibiteurs de tyrosine kinases (anglais inhibitor of tyrosine-kinase, espagnol quimioterapia con inhibidores de la tirosina quinasa), qui ont modifié très profondément le traitement de certains cancers orphelins comme les tumeurs stromales gastro-intestinales, cancers du rein et du poumon et hépatocarcinomes (axitinib, crizotinib, dasatinib, erlotinib, géfitinib, [[Imatinib (mésilate d')|imatinib]], lapatinib, nilotinib, pazopanib, sorafénib, sunitinib, vandétanib…). Leur administration orale, à domicile, a permis aux patients de noter, en général, une nette amélioration de leur qualité de vie.
  8. Des inhibiteurs de farnésyltransférases (lonafarnib, tipifarnib), de protéines kinases (évérolimus, temsirolimus) et du protéasome (bortézomib) sont également disponibles en officine de ville.
  9. Des anticorps monoclonaux et synthétiques (anglais monoclonal and synthetic antibody therapy, espagnol quimioterapia con anticuerpos monoclonales y sintéticos), qui visent notamment des récepteurs de facteurs de croissance et qui apportent des solutions pertinentes dans la lutte contre la néoangiogenèse des tumeurs malignes solides ou dans le traitement des hémopathies malignes (aflibercept, alemtuzumab, bévacizumab, cétuximab, gemtuzumab ozogamicin, ibritumomab tiuxétan, ipilimumab, panitumumab, trastuzumab, rituximab...).
  10. Des agents différenciateurs (béxarotène, trétinoïne).
  11. Des agents antiangiogéniques (anglais antiangiogenic therapy, espagnol quimioterapia con agentes antiangiogénicos), (trioxyde d’arsenic, lénalidomide, pomalidomide, thalidomide).

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