Cocaïne

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Dernière modification de cette page le 08 novembre 2019


Pharmacognosie - Pharmacologie



Cocaïne.

Anglais : cocaine
Espagnol : cocaína
Étymologie : français coca, suffixe -ine
n. f. Alcaloïde extrait de la feuille de coca, à squelette pseudotropanol, comportant deux fonctions ester (benzoïque et méthylique : méthyl-benzoyl-ecgonine). Anesthésique local de surface, par fixation sur des récepteurs placés au sein de canaux sodiques membranaires, bloquant l’influx nerveux affectant préférentiellement les fibres sensitives. Inhibiteur de la capture neuronale de la noradrénaline, de la dopamine et de la sérotonine ; elle a des propriétés sympathomimétiques (vasoconstriction, hypertension, tachycardie, hyperthermie, mydriase) et elle produit, au niveau central, une brève sensation d’euphorie avec stimulation intellectuelle, désinhibition, hyperactivité, suivie d’un effet dépresseur. Installation rapide d’une intense dépendance psychique, d’où inscription sur la liste des stupéfiants.

Premier anesthésique local utilisé (ophtalmologie, ORL) ; elle n’a plus que de très rares applications médicales, mais a servi de modèle structural pour l'élaboration de nombreux anesthésiques locaux de synthèse actuellement utilisés (lidocaïne, procaïnee…). Utilisation illicite de la cocaïne (« coke », « neige »…) par les toxicomanes (cocaïnomanie) sous forme de chlorhydrate ou de base. En France, une augmentation préoccupante du nombre et de la sévérité des intoxications liées à la consommation de cocaïne a été observée par les centres d’addictovigilance à partir de 2016. Dans son dernier rapport annuel sur les drogues publié le 26 juin 2019, l’UNODC (United Nations Office on Drugs and Crime) a fait le constat qu’en 2017 la production et les saisies de cocaïne ont atteint des niveaux record ; la fabrication illicite de cocaïne à l’échelle mondiale a atteint son niveau le plus haut jamais enregistré, évalué à près de 2 000 tonnes ; ce résultat s’explique avant tout par une augmentation de la fabrication en Colombie, d’où proviendrait 70 % de la production mondiale.
Cf coca.


Cocaïne (chlorhydrate de)

Anglais : cocaine hydrochloride
Espagnol : clorhidrato de cocaína
Étymologie : grec χλωρός khlôros jaune verdâtre, suffixe -ate, français cocaïne
n. m. Poudre blanche, souvent coupée par diverses substances, habituellement utilisée en aspiration nasale (« sniffée »), également en injection IV (éventuellement en mélange avec de l’héroïne, « speed-ball »). Après une phase d’euphorie et d’accélération idéique, provoque insomnie, anorexie, irritabilité, céphalées, troubles de l’expression verbale et de la mémorisation, levée des inhibitions (actes agressifs), excitabilité sensorielle (activité compulsive de grattage). Usage chronique entraînant de graves complications cardiovasculaires (hypertension paroxystique, arythmie, ischémie myocardique, accidents vasculaires cérébraux) potentiellement mortelles en cas de surdosage (« overdose ») massif ; par « sniffage » répété, risque de perforation de la cloison nasale liée à une intense vasoconstriction locale.

Inscrit à la Pharmacopée Européenne (monographie 01/2008, 0073).


Cocaïne base

Anglais : cocaine free base
Espagnol : cocaína
Étymologie : français cocaïne latin basis base
De degré de pureté variable (le « caillou », obtenu par traitement alcalin du chlorhydrate ou le « crack », produit impur obtenu à partir de la « pâte de coca ») ; habituellement fumée (« freebasing »), parfois mélangée à du tabac ou du cannabis ; absorption pulmonaire rapide et concentration plasmatique élevée, d’où effets intenses mais de courte durée poussant à une réutilisation fréquente ; effets indésirables très marqués.

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