Codéine

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Dernière modification de cette page le 17 février 2018


Pharmacognosie



Codéine.

Synonyme(s) : méthylmorphine
Anglais : codeine
Espagnol : codeína
Allemand : Codein
Étymologie : grec κώδεια kốdeia tête de pavot
n. f. Alcaloïde isoquinoléique à squelette morphinane du pavot somnifère, Papaver somniferum L., Papaveraceae ; éther méthylique de la fonction phénolique de la morphine. Obtenue par extraction à partir de l’opium ou de la paille de pavot, mais surtout par hémisynthèse à partir de la morphine ou secondairement de la thébaïne. Propriétés analgésiques inférieures à celles de la morphine et antitussives ; dans l’organisme, déméthylation partielle en morphine sous l’influence de l’enzyme CYP2D6. Peu toxicomanogène, mais inscrite sur la liste des stupéfiants, car largement utilisée par des toxicomanes pour pallier le manque de drogues dures.

Inscrite sur la liste des Médicaments essentiels de l'OMS et à la Pharmacopée Européenne, monographies 07/2018, 0076 (monohydratée), 1412 (chlorhydrate de, dihydraté) et 00074 (phosphate de, hémihydraté) et 01/2011, 075 (phosphate de, sesquihydraté).

Importante utilisation en thérapeutique ; traitement symptomatique des douleurs d’intensité modérée (antalgique de niveau 2 de l’OMS), le plus souvent en association à d’autres antalgiques (paracétamol) ; également en traitement des toux non productives gênantes. Effets indésirables des autres opioïdes (constipation, somnolence, nausées, dépression respiratoire). Sensibilité individuelle variable ; chez les sujets « métaboliseurs ultrarapides », transformation plus rapide que chez les « métaboliseurs normaux » de la codéine en morphine, leur faisant courir un risque toxique, en particulier de dépression respiratoire.
Sérieuses restrictions d’utilisation fixées par l’EMA (
European Medicines Agency) en juin 2013, puis en mars 2015 et décembre 2015 : contre-indication en cas d’insuffisance respiratoire et dans les toux asthmatiques, chez tous les patients connus comme étant des métaboliseurs ultrarapides des substrats du cytochrome CYP2D6 quel que soit leur âge, chez les enfants de moins de 12 ans, chez les femmes qui allaitent ; l’utilisation de la codéine dans le traitement de la toux n’est pas recommandée chez les enfants et les adolescents âgés de 12 à 18 ans présentant une fonction respiratoire altérée ; au cours de la grossesse l'utilisation de la codéine ne doit être envisagée ponctuellement que si nécessaire.
À partir de la codéine, préparation de dérivés hémisynthétiques (dihydrocodéine, hydrocodone).
L'attention des sportifs est attirée sur le fait que la codéine peut induire une réaction positive des tests pratiqués lors des contrôles antidopage.

En mars 2016, l’ANSM a attiré l’attention des acteurs de santé sur l’usage détourné et l’abus de médicaments opiacés antitussifs (codéine...) et antihistaminiques H1 (prométhazine…), à des fins « récréatives » ou « de défonce », (par exemple boisson « 
purple drank »), par des adolescents ou des jeunes adultes. Ce phénomène addictif, venu des États-Unis où il constitue un problème de santé publique dans la population jeune, se développe en France où des cas mortels et des intoxications graves ont été signalés au cours des premiers mois de 2017. Depuis juillet 2017, les exonérations concernant la codéine et ses sels ont été supprimées ; en conséquence, les médicaments et préparations renfermant de la codéine, quelle qu'en soit la concentration, ne peuvent plus être délivrés que sur ordonnance médicale et la vente de ces médicaments sur les sites internet des pharmacies n’est plus possible. Au regard de la réglementation des substances vénéneuses, classement en liste II pour les médicaments à base de codéine sous forme de sirop et en liste I pour les formes pharmaceutiques autres que sirop.


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