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Dolastatine

De acadpharm
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Dernière modification de cette page le 09 mai 2020


Pharmacognosie



Dolastatine.

Anglais : dolastatin
Espagnol : dolastatina
Étymologie : latin Dolabella source extractive de cette substance, grec στᾶσις stâsis arrêt ou στατός statós stationnaire, suffixe –ine
n. f. Nom désignant un groupe d’une trentaine d’oligopeptides linéaires ou cycliques, les dolastatines, notamment la dolastatine 10 et la dolastatine 15, isolées à l’origine dans l’océan Indien à partir d’un nudibranche (mollusque marin), le « lièvre de mer », Dolabella Auricularia Lightfoot, Aplysiidae. Puissants agents antimitotiques, ils agissent en s’opposant à l’assemblage des tubulines α et β en microtubules et en induisant un désassemblage des microtubules préformés. Toxicité élevée empêchant leur emploi direct en thérapeutique anticancéreuse.

Des analogues synthétiques de la dolastatine 15 (en particulier cémadotine, tasidotine) ont fait l’objet d’une évaluation clinique pour l’instant non couronnée de succès. Mais d’autres analogues synthétiques, cette fois de la dolastatine 10 (en particulier monométhylauristatine E et monométhylauristatine F), ont pu, après liaison à des anticorps monoclonaux, constituer des immunoconjugués à visée anticancéreuse ; ils sont en cours d’évaluation clinique plus ou moins avancée (par exemple le bélantamab mafodotine, DCI) ou déjà mis sur le marché (par exemple le brentuximab védotine et le polatuzumab védotine, DCI).
Il est très vraisemblable que les différentes dolastatines, dont les dolastatines 10 et 15, ne sont en fait pas produites par le nudibranche à partir duquel on les extrait, mais par des cyanobactéries marines (
Caldora penicillata, précédemment désignée par Symploca sp.) consommées par le mollusque.

Historique : Selon certains historiens s’appuyant sur un texte de Pline l’Ancien, des extraits du nudibranche D. auricularia, hautement toxiques par la présence notamment de dolastatines, auraient été utilisés par Agrippine pour empoisonner l’empereur romain Claude en 56 ap. J.-C. et permettre l’accession au trône de Rome de son fils Néron.