Dolastatine

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Dernière modification de cette page le 25 mars 2017


Pharmacognosie



Dolastatine.

Anglais : dolastatin
Espagnol : dolastatina
Étymologie : latin Dolabella source extractive de cette substance, grec στᾶσις stâsis arrêt ou στατός statós stationnaire, suffixe –ine
n. f. Nom désignant un groupe d’une trentaine d’oligopeptides linéaires ou cycliques, les dolastatines, notamment la dolastatine 10 et la dolastatine 15, isolées à l’origine dans l’océan Indien à partir d’un nudibranche (mollusque marin), le « lièvre de mer », Dolabella auricularia Lightfoot, Aplysiidae. Puissants agents antimitotiques ; agissent en s’opposant à l’assemblage des tubulines α et β en microtubules et en induisant un désassemblage des microtubules préformés. Toxicité élevée empêchant leur emploi direct en thérapeutique anticancéreuse. Des dérivés synthétiques (soblidotine, cemadotine, tasidotine) ont fait l’objet d’une évaluation clinique non couronnée de succès. Mais sur le modèle structural de la dolastatine 10 a été mis au point un immunoconjugué (brentuximab védotine [DCI] = brentuximab vedotin) dont la partie cytotoxique (védotine), dérivée de la monométhylauristatine E (MMAE), un analogue synthétique simplifié de cette dolastatine, est liée à un anticorps monoclonal anti-CD30 (brentuximab).

Le brentuximab védotine est utilisé, depuis 2012, dans le traitement, sous certaines conditions, du lymphome hodgkinien CD30 positif et du lymphome anaplasique à grandes cellules systémique récidivant ou réfractaire.
Il est très vraisemblable que les différentes dolastatines, dont la dolastatine 10, ne sont en fait pas produites par le nudibranche à partir duquel on les extrait, mais par des cyanobactéries marines (
Symploca sp.) consommées par le mollusque.
Cf brentuximab védotine, monométhylauristatine E, védotine.

Historique : Selon certains historiens s’appuyant sur un texte de Pline l’Ancien, des extraits du nudibranche D. auricularia, hautement toxiques par la présence de dolastatines, auraient été utilisés par Agrippine pour empoisonner l’empereur romain Claude en 56 ap. J.-C. et permettre l’accession au trône de Rome de son fils Néron.

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