Hémochromatose

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Dernière modification de cette page le 15 janvier 2016
Anglais : haemochromatosis
Espagnol : hemocromatosis
Étymologie : grec αἶμα haîma sang et χρῶμα khrôma couleur, suffixe –ose maladie
n. f. Terme qui regroupe des maladies génétiques de surcharge chronique en fer. Dans la très grande majorité des cas, les hémochromatoses sont des maladies héréditaires à transmission autosomique récessive, dues à un défaut d’expression de l’hepcidine hépatique et qui se traduisent par une augmentation de la sidérémie, de la saturation de la transferrine (CST) et de la ferritine sérique. Des dépôts tissulaires, composés des complexes protéiques de stockage du fer (hémosidérine) et de composés minéraux (oxydes de fer de type gœthite) donnent un reflet grisâtre à la peau (diabète bronzé) et entrainent une insuffisance fonctionnelle irréversible des divers organes touchés (hépatomégalie, cirrhose, diabète, insuffisance cardiaque, douleurs articulaires, anomalies endocriniennes diverses...).
Les hémochromatoses doivent être différenciées des surcharges martiales acquises (hémosidéroses secondaires) dues à des affections hématologiques, métaboliques ou hépatiques, bien que des facteurs acquis se surajoutent fréquemment aux troubles d’origine génétique, expliquant en partie la diversité observée dans la manifestation de la maladie.

Selon les gènes et les mutations, on distingue :

1- l'hémochromatose de type 1, encore appelée hémochromatose familiale, hémochromatose génétique ou primitive. C'est, par sa fréquence, la première maladie génétique en France (1 naissance sur 300). Elle est due à une mutation du gène HFE (chr 6p21.3). Deux types de mutations sont identifiées, la mutation C282Y, la plus fréquente, et la mutation H63D. La protéine HFE (human hamochromatosis protein), exprimée au pôle sinusoïdal des hépatocytes, participe à la régulation de l’expression de protéines impliquées dans le transport du fer, dont l’hepcidine. Un déficit d'hepcidine se traduit, au niveau du dudodenum, par un défaut de régulation de l’export du fer par la ferroportine et, par suite, une absorption excessive intestinale du fer alimentaire.
Le diagnostic biologique repose sur l'augmentation du fer sérique, du coefficient de saturation de la transferrine, de la ferritine sérique, éventuellement sur une une étude génétique. La surveillance des pathologies associées, notamment des complications viscérales (hépatomégalie, cirrhose, splénomégalie...) fait appel à l'imagerie médicale (IRM). Le traitement repose essentiellement sur des saignées régulières (phlébotomies) programmées selon l'importance de la surcharge en fer dont la ferritinémie est un bon témoin.

2- les hémochromatoses juvéniles de type 2A et 2B, dues respectivement à une mutation du gène HFE2 (chr 1q21.1) codant l’hémojuvéline, protéine membranaire de l'hépatocyte régulant l’expression de l’hepcidine, et à une mutation du gène HAMP (chr 19q13.1) codant l’hepcidine. Ces maladies graves, rares, surviennent chez les sujets de moins de 30 ans, atteignant les deux sexes, se traduisant par une surcharge martiale essentiellement cardiaque et endocrine.

3- l'hémochromatose de type 3, due à des mutations du gène TRF2 (chr 7q22) codant le récepteur 2 de la transferrine, stimulateur de l’expression de l’hepcidine. Maladie très rare, présentant des signes cliniques et biologiques proches de ceux de l'hémochromatose de type 1.

4- les hémochromatoses de type 4A et 4B, dues à des mutations du gène SLC40A1 (chr 2q32) codant la ferroportine. Dans le type 4A (maladie de la ferroportine), les mutants de la ferroportine n’exportent plus le fer hors des macrophages. Il en résulte une faible disponibilité du fer pour la transferrine circulante avec un coefficient faible de saturation (surcharge des cellules de Kupffer sans cirrhose). Dans le type 4B, il y a, au contraire, un suractivité de la ferroportine entrainant une surcharge hépatocytaire avec risque de cirrhose. Ce sont des maladies très rares transmises, contrairement aux autres hémochromatoses, selon le mode autosomique dominant.

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