Ichtyosarcotoxisme

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Dernière modification de cette page le 24 février 2017
Anglais : fish poisoning
Espagnol : enveniamento de peces
Étymologie : grec ἰχθύς ikhthús, génitif ἰχθύος ikhthúos, poisson, σάρξ sárx, génitif σαρκός sarkós, chair de l’homme, de l’animal et τοξικόν toxicón poison, poison à l'usage des flèches, suffixe –isme du grec –ισμός –ismós qui a donné –ismus en latin, pour former un nom correspondant à une maladie, à une qualité ou un état, à une doctrine ou une idéologie
n. m. Intoxication alimentaire aux manifestations polymorphes, par ingestion de poissons dont la chair, la peau ou les viscères ont accumulé des toxines produites par des bactéries contaminant gazon algal, algues ou phytoplanctons dont ils se nourrissent.
Les deux formes principales sont :
1- la ciguatera, probablement la forme la plus fréquente, due à l'ingestion de poissons de récifs habituellement comestibles, mais ayant accumulé des ciguatoxines produites par un phytoplancton ; les toxines (ciguatoxines, maïtotoxine, acide okadaïque) contenues dans ces algues subissent une bioamplification dans la chaîne trophique. L'intoxication se manifeste dans les heures suivant l'ingestion de poissons toxiques, par des troubles digestifs, du prurit, des paresthésies de la langue et des extrémités ;
2- le scombrotoxisme, ichtyosarcotoxisme de type histaminique, après consommation de scombridés (poissons à chair bleue comme thons, maquereaux, bonites, daurades, coryphène, espadons) ; intoxication due à la formation d’histamine après dégradation bactérienne de l’histidine présente en grande quantité dans la peau de ces poissons. Après ingestion apparaissent, dans un délai de quelques minutes à trois heures, par ordre de fréquence décroissante : bouffées de chaleur et de rougeur, vasodilatation, céphalées, tachycardie, malaise, urticaire, prurit, vomissements, hypotension artérielle, nausées.

D'autres intoxications plus rares existent :
1- l’ichthyoalléinotoxisme, dû à plusieurs espèces de poissons herbivores de récifs qui se nourrissent d’algues ou de débris organiques, comme les mulets, les rougets, les poissons-lapins, les saupes et certains poissons–chirurgiens. Des toxines d’algues ingérées par ces poissons seraient à l’origine de l’ichthyoalléinotoxisme, comme le suggère le fait que les poissons ne sont toxiques que durant quelques semaines ou mois. Les signes sont neurologiques centraux avec des hallucinations visuelles et auditives. Les troubles digestifs sont modérés et peu fréquents ;
2 – le tétrodotoxisme ou fugu, dû à la consommation de tétrodons (poisson-globe, poisson-lune, poisson-coffre) ; les toxines en cause sont appelées clupéotoxines et sont vraisemblablement liées à des algues unicellulaires du plancton. L’intoxication se manifeste brutalement par un goût métallique dans la bouche, des troubles digestifs, une paralysie flasque, une tachycardie, des convulsions, un syndrome de détresse respiratoire et une asphyxie. Si le décès ne survient pas dans les 24 heures, il y a guérison sans séquelles ;
3- la palotoxicose ou palytoxicose, après ingestion de crabes contaminés par des palytoxines qui sont de puissants vasoconstricteurs. Elles ne sont pas secrétées par les crabes, mais par de petits animaux appelés zoanthides avant de s’accumuler dans certaines espèces de crabes. Le tableau clinique est caractérisé par une asthénie, une hypersudation, des vomissements et une diarrhée, puis des crampes musculaires, une bradycardie, une insuffisance rénale, des convulsions et une détresse respiratoire ;
4- le carchatoxisme, survenant après ingestion de grands requins. Les signes sont proches de la ciguatera, mais les troubles cardiaques sont plus sévères (bradycardie, troubles du rythme, collapsus) et les risques de dépression respiratoire plus importants. La mortalité est de 1 %. Les toxines sont inconnues ;
5 -le chélonitoxisme, survenant après ingestion de chair de tortues marines. Se traduit par l'apparition, plusieurs heures, voire plusieurs jours après un repas, de vomissements, une diarrhée, une déshydratation, une hypotension artérielle, des ulcérations de la bouche et de la langue. Les toxines en cause, dénommées chélonitoxines, n’ont pas encore été isolées. Le taux de mortalité est élevé (4 à 7,5 %).

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