Lipoprotéine

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Dernière modification de cette page le 15 janvier 2016
Anglais : lipoprotein
Espagnol : lipoproteína
Étymologie : grec λίπος lípos graisse animale et πρῶτος prỗtos premier, suffixe –ine
n. f. Complexe macromoléculaire sphérique constitué de lipides et de protéines assurant le transport sanguin des lipides et autres substances hydrophobes. Forme une particule micellaire contenant, au centre les composés non polaires (triglycérides, esters du cholestérol) entourés, en surface, d'une monocouche de lipides polaires (phospholipides, cholestérol libre) et de protéines spécifiques appelées apolipoprotéines.
Ces structures assurent le transfert des lipides exogènes (d’origine intestinale) et endogènes (foie, tissus périphériques) vers les tissus cibles. Dans la circulation sanguine, les lipoprotéines sont très hétérogènes, à la fois à un temps donné et au cours de la journée (périodes pré- ou postprandiales), car elles subissent un métabolisme intravasculaire permanent, fait de dégradations enzymatiques des lipides les constituant et d'échanges et captations cellulaires de leurs composants lipidiques et protéiques.

On distingue schématiquement par ordre de densité croissante :
  1. les chylomicrons, particules lipoprotéiniques formées dans l'entérocyte, en période de digestion, renfermant plus de 85 % de triglycérides, 8 à 10% de phospholipides, 1 à 3% de cholestérol estérifié et moins de 2 % de protéines (apolipoprotéine B48 principalement et apoprotéine A1). Les chylomicrons assurent le transport du cholestérol et des triglycérides alimentaires, de l'intestin jusqu'au tissu adipeux, par voie lymphatique et voie sanguine. Hydrolysés par la lipoprotéine lipase (LPL) des cellules endothéliales, essentiellement au niveau des adipocytes, ils sont normalement absents du plasma après 12 heures de jeûne. La particule restante après cette hydrolyse, contenant encore le cholestérol et un peu de triglycérides, est appelée « remnant » ;
  2. les VLDL (very low density lipoprotein), lipoprotéines de très faible densité dont 90 % sont formés dans le foie à partir des lipides transférés de l’intestin par les chylomicrons. Constituées principalement de triglycérides et portant les apolipoprotéines B100 ET E, elles sont transformées en IDL (intermediary density lipoprotein) ; leur élimination complète est assurée par la triglycéride lipase hépatique;
  3. les LDL (low density lipopotein), lipoprotéines de basse densité. Leur formation, intravasculaire, se fait par transformation d’autres lipoprotéines ; elles transportent le cholestérol destiné aux tissus périphériques et leur excès caractérise le « mauvais cholestérol » circulant ; elles constituent un facteur de risque cardiovasculaire. Les apoprotéines B100 et E qu'elles présentent à leur surface jouent un rôle important de reconnaissance par les cellules périphériques.
    L’athérogénicité des LDL est accrue par leur sensibilité à l’oxydation. Les LDL oxydées (à minima ou de façon importante en cas de stress oxydant vasculaire important) sont reconnues par des récepteurs éboueurs (scavengers)  dont l’expression n’est pas contrôlée, permettant ainsi une entrée non régulée du cholestérol au niveau des tissus périphériques contrairement aux récepteurs B/E qui reconnaissent l'apoB des LDL non oxydées et dont l’expression cellulaire est inhibée lorsque la cellule n’a pas de besoins lipidiques. La captation des LDL oxydées par les macrophages est une des premières étapes de la formation des plaques d'athérome ;
  4. les HDL (high density lipoprotein), lipoprotéines de haute densité. Leur fonction est d’assurer le retour d’éléments lipidiques, dont le cholestérol, des tissus périphériques vers le foie. La principale apolipoprotéine des HDL est l’apo A1. Les HDL sont considérées comme transportant le « bon cholestérol »  et constituent un facteur de protection cardiovasculaire.

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