Oranger

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Dernière modification de cette page le 18 décembre 2017


Pharmacognosie



Étymologie : arabe نارنج narandj, emprunté au persan نارنگ nârang, du sanskrit नारङ्ग nāraṅga oranger
n. m. Nom désignant des arbres sempervirents, les orangers amers et les orangers doux, appartenant au genre Citrus, de la famille des Rutaceae, dont les fruits sont des baies cortiquées (agrumes ou hespérides) ; sont considérés par certains comme appartenant à deux sous-espèces ou variétés d’une même espèce, mais constituent selon d’autres deux espèces distinctes.

Oranger amer
Oranger.

Synonyme(s) : bigaradier
Anglais : bitter orange tree
Espagnol : naranjo amargo
Petit arbre (Citrus × aurantium L., = C. aurantium L. ssp. amara Engl., = C. aurantium L. ssp aurantium) cultivé principalement dans le bassin méditerranéen. Feuille et fleur renferment une huile essentielle (linalol) et des flavonoïdes ; propriétés modestement sédatives. Dans l’ « écorce » du fruit, outre une huile essentielle, présence de flavonoïdes (citroflavonoïdes) représentés notamment par des hétérosides de flavanones (hespéridoside, naringoside…) et des flavones polyméthoxylées (nobilétine…), des furocoumarines (psoralène…) et des phénéthylamines (synéphrine…) plus abondantes dans le fruit immature.

Inscrit à la Pharmacopée Européenne, monographies 01/2012, 1810 (fleur d’) et 01/2008, 1175 (huile essentielle de fleur, appelée également huile essentielle de néroli) ainsi que l’orange amère, monographies 07/2015, 1603 (épicarpe et mésocarpe) et 01/2008, 1604 (teinture d’épicarpe et de mésocarpe).

Feuille et fleur traditionnellement utilisées dans le traitement symptomatique des états neurotoniques des adultes et des enfants, notamment en cas de troubles mineurs du sommeil. Par entraînement à la vapeur d’eau des fleurs fraîches, obtention de l’huile essentielle « de néroli » et de l’eau distillée de fleurs d’oranger ; par distillation des feuilles et des ramilles, obtention de l’huile essentielle de « petitgrain bigaradier » ; le péricarpe frais d’orange amer (orange bigarade) fournit par expression sans chauffage l’huile essentielle (souvent nommée « essence ») d’orange amère. En cosmétologie, ces huiles essentielles sont employées comme matières premières aromatiques en parfumerie et comme substances parfumantes dans les produits cosmétiques.
Des extraits du fruit vert ont été fréquemment incorporés dans des compléments alimentaires à visée amaigrissante, en raison de la présence en quantité variable, parfois élevée, de synéphrine (=
p-synéphrine), sous sa forme énantiomérique R-(−), sympathomimétique structuralement apparenté à l’éphédrine, souvent associée dans ces produits à d’autres substances (caféine…). La survenue d’effets indésirables cardiovasculaires et neurologiques parfois graves, ainsi que d'atteintes hépatiques, est à l’origine de l’interdiction en France (avril 2012) de l’importation, la préparation, la prescription et la délivrance de préparations magistrales, officinales et hospitalières, y compris les préparations homéopathiques, composées de ce fruit ; l’interdiction porte également sur la prescription, la délivrance et l’administration à l’Homme du fruit vert. L’imputabilité supposée de ces effets indésirables à la synéphrine fait l’objet de controverses. Quoi qu’il en soit, l’Anses en 2014 a fixé à 20 mg/jour la dose de synéphrine à ne pas dépasser ; de plus, elle a recommandé de ne pas associer la consommation de compléments alimentaires qui en contiennent à celle de caféine et elle a mis en garde les populations à risque accru (enfants, femmes enceintes ou allaitantes, sujets hypertendus, etc.) contre l’utilisation de ces produits.



Oranger doux

Anglais : orange tree
Espagnol : naranjo dulce
Petit arbre (C. sinensis [L.] Osbeck, = C. aurantium L. var. dulcis) dont la culture, pour son fruit alimentaire, a une importance économique considérable (États-Unis, pays méditerranéens, Chine…).

Feuille et fleur traditionnellement utilisées dans la même indication que celle de l’oranger amer. Zeste du fruit (très riche en citroflavonoïdes dont il constitue une matière première industrielle) traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des troubles fonctionnels de la fragilité capillaire cutanée (ecchymoses, pétéchies…) ; le zeste frais fournit par expression sans chauffage l’huile essentielle (souvent nommée « essence ») d’orange douce, inscrite à la Pharmacopée européenne (monographie 01/2008, 1811) et constituée presque exclusivement (92 à 97 %) de (+)-R-limonène.

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