Sarin

De Acadpharm
Aller à : Navigation, rechercher
Dernière modification de cette page le 25 décembre 2015
Synonyme(s) : O-Isopropyl méthylphosphonofluoridate
Anglais : sarin
Espagnol : sarin
Étymologie : du nom des inventeurs allemands : Schrader, Ambros, Rüdiger et Van der Linde
n. m. Gaz de combat organophosphoré, à liaison phosphate-fluor. Le sarin est une substance inodore, incolore et volatile, de la famille des organophosphorés, extrêmement toxique pour l'homme et l'animal, même à très faible concentration (à 0,01 ppm dans l'atmosphère, il peut être fatal). On estime qu'il est environ 500 fois plus toxique que le cyanure. Il passe facilement la barrière des poumons et est absorbé par la peau d'où il passe directement dans le sang. Quand il ne tue pas, il laisse de graves séquelles neurologiques. Pour ces raisons, il a été utilisé comme arme chimique, avant d'être considéré comme une arme de destruction massive par les Nations Unies (résolution 687). À ce titre, sa production et sa conservation sont interdites depuis 1993. Les États devaient avoir détruit leurs stocks d'armes chimiques avant 2007. Il fait partie des armes et munitions immergées par certains pays. La France, par exemple, en a immergé une certaine quantité, noyée dans du béton, au large d'Ouessant. Le sarin a une durée de vie relativement longue quand il est conservé dans de bonnes conditions, mais il se dégrade, en quelques semaines à quelques mois, dans l'environnement non sans conséquences pour les animaux avec lesquels il entre en contact. Le sarin est un neurotoxique de catégorie G : il attaque le système nerveux humain. C'est un organophosphoré très puissant, qui inhibe l'acétylcholinestérase, en formant un lien covalent avec le site actif de l'enzyme qui normalement effectue l'hydrolyse de l'acétylcholine. Ceci permet à l'acétylcholine de prolonger son activité et l'aboutissement est une paralysie musculaire complète et très rapide. Les symptômes d'une exposition au sarin sont un nez douloureux et enflé, une hyper-sialorrhée, une dyspnée, un myosis, des nausées, des vomissements, de l'incontinence urinaire puis une perte de conscience et un coma. A un stade plus avancé, apparaissent des convulsions puis la mort par asphyxie. Si elle n'est pas mortelle, l'exposition au sarin laisse toujours de graves lésions et séquelles neurologiques permanentes.

Antidotes : un traitement rapide à base d'atropine ou d'antagonistes de l'acétylcholine accompagné d'un inhibiteur des organophosphorés, la pralidoxime. Une thérapie anticonvulsive, à base de benzodiazépines, est également préconisée. Plusieurs armées, de par le monde, ont mis à la disposition de leurs soldats des seringues auto-injectables à 3 compartiments pré-chargées délivrant successivement de l'atropine, de la pralidoxime et du diazépam. Les soldats peuvent les injecter à travers leurs tenues de combat. Le chlorosarin et le cyclosarin sont des dérivés du sarin.

A - B - C - D - E - F - G - H - I - J - K - L - M - N - O - P - Q - R - S - T - U - V - W - X - Y - Z - Autres