Saturnisme

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Dernière modification de cette page le 16 septembre 2019
Anglais : saturnism, lead poisoning
Espagnol : saturnismo, evenamiento por plomo
Allemand : Bleivergiftung, Saturnismus
Étymologie : latin Saturnus divinité romaine symbole du plomb en alchimie, suffixe –isme
n. m. Maladie, aiguë ou chronique, due à une intoxication par le plomb ou ses sels, pouvant se manifester selon la gravité et la rapidité de son installation, par différents troubles : digestifs, hématologiques, neurologiques, neuropsychiatriques, rénaux. Les intoxications aiguës, par le plomb, sont exceptionnelles ; le véritable problème du saturnisme est celui de l’intoxication chronique, professionnelle et alimentaire, relativement fréquente étant donné les effets cumulatifs du métal, très présent dans la vie courante (canalisations anciennes des réseaux de distribution de l’eau, peintures de logements construits avant 1948…...) ainsi que dans l'industrie (batteries, cristallerie, céramique).


Saturnisme aigu

Anglais : acute lead poisoning
Espagnol : envenenamiento agudo con plomo
Allemand : Bleivergiftung akuten
Intoxication par de fortes concentrations de plomb qui s’observe surtout en milieu professionnel (plombémie supérieure à 250 µg/L soit 1,20 µM) ; elle se traduit par un goût métallique dans la bouche ; un violent syndrome gastro-intestinal domine le tableau clinique avec douleurs intestinales (coliques de plomb), nausées, vomissements, arrêt du transit, une atteinte rénale (néphropathie interstitielle), une faiblesse musculaire, des paresthésies, voire une encéphalopathie avec hallucinations, convulsions, coma.


Saturnisme chronique

Anglais : chronic lead poisoning
Espagnol : intoxicación crónica por plomo
Allemand : Bleivergiftung chronischen
Intoxication marquée par des plombémies de l’ordre de 75 µg/L (0,36 µM), pouvant se traduire par l'apparition d'un liseré bleu ardoisé au niveau des gencives (liseré de Burton), des troubles neurologiques, principalement une encéphalopathie chez l’enfant avec troubles neuropsychiatriques (perte de mémoire, diminution des capacités intellectuelles, retard scolaire) alors que, chez l’adulte, il s’agit principalement d’une neuropathie périphérique avec atteinte des nerfs périphériques (diminution de la vitesse de la conduction nerveuse), une atteinte rénale réversible ou non (néphropathie interstitielle), une anémie hypochrome microcytaire, des troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, épigastralgies, anorexie, constipation ou diarrhée) et, dans les cas graves, de la cachexie dite saturnine pouvant entraîner la mort.

Le saturnisne a été longtemps considéré uniquement comme maladie professionnelle. Ce fut la première maladie professionnelle reconnue (1919). Des cas d'intoxication infantile, parfois mortels, ont contraint à prendre en compte, dans la lutte contre le saturnisme, les apports accidentels (par exemple ingestion de résidus de peintures anciennes à base de céruse par les enfants) ainsi que les apports réguliers du fait de la teneur en plomb de l'eau de boisson (canalisations en plomb). La limite en plomb dans l’eau potable a été abaissée, en décembre 2013, à 10 µg/L contre 25 µg/L. Le plomb, sous forme de plomb tétraéthyle, comme antidétonant dans les carburants pour automobiles, est désormais interdit.
Depuis 2015, le saturnisme infantile est défini par une plombémie ≥ 50 μg/L (contre 100 μg/L précédemment). La maladie doit faire l'objet d'une déclaration obligatoire avec procédure d’urgence visant à supprimer l’exposition de l'enfant au plomb. 


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