Stévia

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Dernière modification de cette page le 31 mars 2017


Pharmacognosie



Stévia.

Synonyme(s) : herbe sucrée du Paraguay
Anglais : stevia ou sweet leaf
Espagnol : stevia ou hoja dulce de Paraguay ou azúcar verde
Étymologie : latin Stevia nom donné au genre auquel appartient cette plante, en hommage au botaniste et médecin espagnol Pedro Jaime Esteve
n. m. Herbacée vivace (Stevia rebaudiana Bertoni, Asteraceae ex-Composées), originaire des hauts plateaux du Paraguay et du Brésil, cultivée dans de nombreux pays, notamment asiatiques (Chine), mais récemment aussi dans le sud-ouest de la France. Intense saveur sucrée de la feuille, due à la présence abondante de plusieurs hétérosides esters (stévioside, rébaudiosides A, B,...M) différant entre eux par la partie osidique (nature et enchaînement des oses) ; leur aglycone commun, le stéviol, de nature diterpénique, possède un squelette ent-kaurénoïque hydroxylé et porteur d’une fonction acide carboxylique. Pouvoir sucrant élevé de ces hétérosides, de 150 à 400 fois celui du saccharose ; ils sont non caloriques, non fermentescibles, non cariogènes, stables aux variations de pH et à la chaleur (sauf à haute température). Les allégations antihypertensives et antidiabétiques des hétérosides de stéviol ne sont pas validées à l’heure actuelle. Absence de toxicité.

À partir des feuilles du stévia, obtention du stévioside (extrait purifié à ≥ 95 %) et du rébaudioside A (extrait purifié à ≥ 97 %). Utilisation autorisée dans de nombreux pays, de façon déjà ancienne (Japon, 1971 ; Brésil, 1986…) ou beaucoup plus récente (France, 2009 ; Union européenne, 2011). Récemment (2016), la Commission européenne a autorisé la présence du rébaudioside M dans le produit édulcorant commercial (« glycosides de stéviol », E960), conjointement à 10 autres hétérosides de stéviol dûment désignés ; en 2017, les glycosides de stéviol ont également été autorisés dans certaines confiseries à valeur énergétique réduite. Emploi comme édulcorant de table et comme additif alimentaire avec une dose journalière admissible (DJA) de 4 mg/kg de masse corporelle, exprimée en équivalents stéviol ; édulcorant compatible avec les régimes hypoglycémiques et pour diabétiques.
En français, « stévia » est un mot à double genre, masculin ou féminin.

Historique : Sous le nom de Kaà hê-é (« herbe sucrée »), la feuille de stévia, séchée et pulvérisée, était utilisée pour son pouvoir sucrant par les Indiens Guarani du Paraguay et du Brésil. La plante a été décrite pour la première fois par le botaniste et médecin Pedro Jaime Esteve (≈ 1500-1556) ; sa composition chimique a été étudiée dans les années 1900 par le chimiste paraguayen Ovidio Rebaudi (1860-1931). En 1931, les Français M. Bridel et R. Lavielle ont isolé le stévioside et le rébaudioside (l’étude botanique, chimique et physiologique du Kaà hê-é fut le sujet de la thèse de pharmacie soutenue par R. Lavielle en 1932 à la faculté de pharmacie de Paris) ; la structure du stéviol, l’aglycone des « stéviol-glycosides », n’a été publiée qu’en 1955. La plante fut nommée dès 1899 Eupatorium rebaudianum par le botaniste paraguayen Moises Santiago Bertoni, nom qu’il modifia en 1905 en Stevia rebaudiana Bertoni, son appellation actuelle. Cette dénomination latine de la plante constitue un hommage à la fois à Pedro Jaime Esteve (Stevia) et à Ovidio Rebaudi (rebaudiana).

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