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Verre

De acadpharm
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Dernière modification de cette page le 17 mars 2020
Anglais : glass
Espagnol : vidrio ou cristal
Étymologie : latin vĭtrum verre
n. m. Nom générique pour une série de produits, de compositions chimiques variées, mais possédant un ensemble de propriétés chimiques et physiques semblables. Les verres sont des solides amorphes obtenus par chauffage d'un mélange, en proportions appropriées, de silice et d'oxydes métalliques (de sodium et de potassium, en particulier), ainsi que de divers autres composés modifiant les caractéristiques physicochimiques du produit final obtenu. Ce sont donc des silicates mixtes, solides, non cristallins, transparents et fragiles, formés par la juxtaposition désordonnée de tétraèdres de silice SiO4 et par la présence d'oxydes alcalins, alcalinoterreux, de plomb, d'aluminium, etc.
Le verre possède la propriété d'être mauvais conducteur de chaleur et d'électricité, d'où son utilisation comme isolant. Il possède aussi des propriétés chimiques variables selon la composition. Certains verres, de composition bien définie, constituent la partie sensible de certaines électrodes sélectives (Cf électrode de verre.). Les verres ne possèdent pas de point de fusion, mais un espace de température entre l'état solide et l'état liquide. Ils présentent le phénomène de transition vitreuse. Ils sont durs, cassants et transparents à la lumière visible.
La plupart des verres utilisés sont des verres minéraux, mais on fabrique aussi des verres organiques et même métalliques. La résistance hydrolytique est la résistance offerte par un verre à la cession de substances inorganiques hydrosolubles dans des conditions déterminées de contact entre la surface du récipient et l'eau.



Pharmacie galénique



Les verres utilisés en pharmacie doivent satisfaire à un certain nombre d'essais. Ils sont utilisés comme matériaux de conditionnement. Ils peuvent être colorés (protection des préparations sensibles à la lumière), mais ils doivent permettre l'examen visuel du contenu.

Verre de type I

Verre borosilicaté, verre dont la charpente silicate contient le motif dérivé du bore BO3 obtenu par incorporation de l'oxyde B2O3. Le prototype est le verre dit « pyrex ». Fond aux environs de 700 °C. Verre neutre, de résistance hydrolytique élevée, présenté sous forme de flacons et d'ampoules pour préparations injectables. Son emploi est obligatoire pour le conditionnement des solutions alcalines.


Verre de type II

Verre silicocalcosodique dont la résistance hydrolytique est obtenue par un traitement en surface ; convient pour des solutions injectables à caractère acide.


Verre de type III

Verre ordinaire de résistance hydrolytique moyenne ; convient pour les formes orales et non injectables.



Optique



Verre correcteur

Synonyme(s) : verre ophtalmique
Anglais : corrective lens
Espagnol : lente(s) correctivo(s) ou cristal(es) corrector(es)
Verre destiné à compenser les amétropies de l’œil : myopie, hypermétropie, presbytie et astigmatisme. Est composé d’un matériau de base ayant subi, ou non, des traitements réalisés en surface et/ou en masse. Sert à la confection des lentilles de contact placées sur la cornée de l’œil, des lunettes disposées à une faible distance de l’œil et des lentilles intraoculaires (IOL) implantées, par un processus chirurgical, lors de l’opération de la cataracte. Les verres correcteurs sont classés selon le matériau qui les constitue, leur forme, l’indice de réfraction mesuré pour la raie D du sodium, la constringence, les traitements qu’ils peuvent avoir subis et le type de correction assuré.

Selon le matériau de base, on distingue :

CR39.

1- Les verres minéraux (anglais mineral lenses, espagnol lentes minerales ou cristales minerales) : verres classiques de l’optique utilisés, auparavant, en lunetterie en raison de leur résistance et de leur excellente qualité optique. Poids important, en raison de leur densité très élevée. Remplacés par les verres organiques.
2- Les verres organiques (anglais organic lenses, espagnol lentes orgánicas) : verres, en matériaux organiques de synthèse, issus de la chimie des polymères, en particulier le poly(diéthylène glycol bisallylcarbonate) ou CR 39 (Colombia Resin No 39). Le CR39 est un matériau thermodurcissable qui se présente sous la forme d’un monomère liquide polymérisé, sous l’effet de la chaleur. Léger et résistant aux chocs, ce matériau possède d’excellentes qualités de transparence et une très faible dispersion chromatique. Son indice de réfraction est de 1,502 ; il absorbe 95 % des UVA et 100 % des UVB et UVC. Son principal inconvénient est sa « rayabilité » surmontée grâce à l’application de traitements de durcissement des surfaces (dépôt de vernis anti-rayures). Le CR39 est complété par des matériaux organiques thermodurcissables d’indices de réfraction élevés (1,56, 1,6, 1,74…) obtenus par introduction de composants chimiques spécifiques et, en particulier, de soufre. Ces matériaux absorbent 100 % des UV, mais ont une dispersion chromatique plus importante. Le polycarbonate, résine thermoplastique également employée, présente une très grande légèreté, une très grande résistance aux chocs (équipement de sécurité), mais une plus grande dispersion chromatique et une plus grande « rayabilité »


Selon le type de traitement, on distingue :


1- Les verres antirayures (anglais scratch-resistance lenses, espagnol lentes resistentes a los arañazos ou lentes antirasguños ou lentes resistentes al rayado) : verres qui consistent en l’utilisation d’un vernis durcisseur pour pallier la « rayabilité » des matériaux organiques.
2- Les verres antireflet (anglais anti-reflective lenses, espagnol lentes antirreflejos ou antirreflejantes : verres qui consistent en l’empilement de couches minces de quelques dizaines de nanomètres d’épaisseur, d’indices et d’épaisseurs variables, empilement qui annule la lumière réfléchie par les surfaces avant et arrière du verre, par création d’interférences lumineuses destructives. Un verre antireflet a, en moyenne, une transmission améliorée de 90 % à 99 % avec un renforcement des contrastes et l’élimination des reflets indésirables. Les dernières évolutions de cette technique permettent l’élimination de la réflexion des rayons UV, renvoyés vers les yeux, par la face arrière du verre. À noter que plus le matériau a un indice élevé, plus le traitement antireflet est indispensable : l’augmentation d’indice augmente la réflexion du dioptre.
3- Les verres antisalissures (anglais santi-smudge lenses, espagnol lentes antisuciedades) : Les traitements antireflet présentent, à l’échelle microscopique, une structure irrégulière sur laquelle s’accroche les salissures (molécules d’eau ou de graisse). Le dépôt d’une très fine couche (quelques nanomètres) d’une substance hydrophobe et oléophobe repousse les sal'ssures et lisse la surface du verre, rendant son entretien plus facile.
4- Les verres antistatiques (anglais antistatic lenses, espagnol lentes antiestatico) : les verres ophtalmiques ont tendance à attirer la poussière par effet électrostatique. Le traitement antistatique pallie cet inconvénient, par introduction d’une couche conductrice, en surface du verre, qui permet l’élimination des charges électriques en surface et évite l’attraction des poussière.
5- Les verres polarisés (anglais polarized lenses, espagnol lentes polarizadas ou lentes polarizados) : verres obtenus par insertion d’un film polarisant dans l’épaisseur du verre. Celui-ci réduit l’éblouissement du porteur par la lumière réfléchie à partir des surfaces horizontales (route, surface de l’eau, etc.).
6- Les verres teintés (anglais coloured lenses, espagnol lentes coloridas) : verres qui permettent la filtration de la lumière, par insertion de pigments colorés et absorbants dans la matière du verre (traitement dans la masse) ou par imprégnation des surfaces (traitement en surface) afin d'améliorer la protection et le confort du porteur, voire sa perception des contrastes de nuit ou dans le brouillard (teinte jaune).


Selon le type de correction, on distingue :


1- Les verres correcteurs asphériques (anglais aspherical lenses, espagnol lentes asféricas ou lentes asféricos) : verres dont la distance focale varie, selon l’écart, par rapport au centre optique. Compensent les défauts géométriques en bordure. Nécessitent un centrage parfait des deux pupilles en vis-à-vis du centre des verres. Ces verres nécessitent un montage de précision, mais donnent de très bons résultats et un confort visuel exceptionnel notamment pour les hypermétropes.
2- Les verres correcteurs progressifs (anglais progressive lenses, espagnol lentes progresivas ou lentes progresivos) : verres qui présentent une variation continue de la puissance, de la vision de loin (dans la partie supérieure) à la vision de près (dans la partie inférieure). Invention française (Bernard Maitenaz, Essilor, 1959) qui a révolutionné la compensation de la presbytie. Les surfaces progressives sont de plus en plus respectueuses des habitudes et de la physiologie visuelle des porteurs. De plus en plus sophistiqués, les verres sont individualisés aux besoins du porteur (optimisation optique pour chaque prescription, paramètres de position du verre, de comportement visuel).
3- Les verres correcteurs à simple foyer (anglais unifocal lenses, espagnol lentes unifocales) : verres destinés à une correction monodistance, la puissance étant constante sur toute la surface. Compensent les amétropies de loin (myopie, hypermétropie, astigmatisme) ou la presbytie, en vision de près, seule. Ils peuvent être sophistiqués par des surfaces asphériques (amélioration de la vision périphérique et des aberrations, amincissement).
4- Les verres correcteurs à double foyer (anglais bifocal lenses, espagnol lentes bifocales) : verres qui comportent deux plages de correction, dans un seul verre, par inclusion ou usinage d’une pastille de puissance différente. Les deux plages sont séparées par une ligne visible de démarcation. Ces verres procurent une vision « binaire », de loin ou de près, sans vision intermédiaire. Ils sont en voie d’abandon en France.
5- Les verres correcteurs à triple foyer (anglais trifocal lenses, espagnol lentes trifocales) : verres segmentés en trois parties permettant d’obtenir trois puissances différentes correspondant, de haut en bas, à la vision de loin, la vision intermédiaire et la vision de près. Bien que toujours existants, ces équipements se font de plus en plus rares, de nos jours, du fait des progrès réalisés sur les verres progressifs qui permettent aujourd’hui une vision nette à toutes distances.
6- Les verres neutres (anglais neutral lenses, espagnol lentes neutros) : verres sans correction optique, pour les personnes qui n’ont aucun problème de vue, mais désirent protéger leurs yeux contre tout risque de projection ou par souci de paraître.