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Immunothérapie : Différence entre versions

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Version actuelle datée du 14 décembre 2021 à 12:14

Dernière modification de cette page le 14 décembre 2021
Anglais : immunotherapy
Espagnol : inmunoterapia
Étymologie : latin immūnis dispensé de toute charge, exempt de, sans tache, pur, grec θεραπεία therapeia soin, prévenances, sollicitude, entretien, traitement, soins du corps
n. f. nf Méthode de traitement des maladies faisant appel au système immunitaire.
Traitement qui consiste à administrer des substances qui vont stimuler les défenses immunitaires de l'organisme afin de lutter contre certaines maladies. L'immunothérapie fait appel au transfert d'effecteurs immuns qui sont des agents solubles, tels que des anticorps ou des cytokines, ou des effecteurs cellulaires. L’objectif de l'immunothérapie est d'obtenir une réponse effectrice par le système immunitaire, comme dans le cas des thérapies anti-cancéreuses, ou au contraire d'inhiber une réponse délétère dans certaines maladies auto-immunes.
Une liste non exhaustive d’approches d'immunothérapies est indiquée ci-dessous à titre d’illustration :
1- Anticorps immuno-modulateurs dans le cadre des maladies auto-immunes: anticorps utilisés pour bloquer des médiateurs impliqués dans des maladies auto-immunes. Les anti-TNF sont utilisés dans la polyarthrite rhumatoïde ou la maladie de Crohn ainsi que dans la spondylarthrite ankylosante grave. Des anti-IL13 peuvent être utilisés dans l'atopie grave et des anti-IL5 dans l'asthme sévère.
2- Anticorps immunomodulateurs dans le cadre des maladies cancéreuses : Anticorps activant les fonctions effectrices des lymphocytes T dans les tumeurs en bloquant les boucles de régulation négatives du système immunitaire. A titre d’exemple, l'anticorpsanti-CTLA4 bloque les lymphocytes T CD4 régulateurs alors que les anticorps anti-PD1 ou anti-PD-L1 bloquent les interactions négatives entre les cellules tumorales (qui souvent expriment PD-L1) et les lymphocytes T activités qui expriment PD1. Ils représentent un immense progrès dans le traitement de certains cancers malgré les effets secondaires en rapport avec l'auto-immunité induite. De nombreux autres anticorps ciblant des molécules inhibitrices (anti-Tim3, anti-LAG3,…) sont en développement. D'autres anticorps (anti-CD40L ou anti-OX40) visent à activer les fonctions effectrices des lymphocytes T. Finalement, des anticorps mono- ou multi-spécifiques peuvent moduler in situ les interactions entre les tumeurs et le compartiment myéloide. On peut citer les anticorps qui captent le TGF- ou qui inhibent la molécule CD47, molécule empêchant la phagocytose des cellules vivantes par les macrophages. Ces manipulations visent à générer une réponse lymphocytaire T endogène, elle seule capable de détruire la maladie disséminée.
3-Anticorps anti-Her2 (Herceptine) ou anti-CD20 (rituximab) : Ces anticorps reconnaissent directement les cellules tumorales et entrainent leur destruction par des mécanismes qui restent mal connus (effet direct, armement des macrophages ou des cellules NK, cytotoxicité dépendante du complément,…).
3- Greffe de moelle allogénique : le principe de la greffe de moelle allogénique est de transplanter chez le malade des cellules saines provenant d’un autre patient afin de reconstituer une moelle osseuse normale et un système immunitaire compétent. La greffe de moelle a une action anti-néoplasique par elle-même, en particulier dans les hémopathies myéloïdes, du fait des propriétés de défense immunitaire des cellules injectées. Les lymphocytes T présents dans le greffon peuvent en effet reconnaître des antigènes mineurs d'histocompatibilité (peptides dérivés des protéines polymorphiques) exprimés par les cellules tumorales.
4-Réactifs bi-spécifiques : Ces agents redirigent les activités effectrices des lymphocytes T vers les tumeurs. Ils associent dans une même protéine, 1) un anticorps (ou un récepteur T d'affinité augmentée) reconnaissant une protéine membranaire de tumeur et 2) un anticorps anti-CD3 (le plus souvent) capable d'activer les lymphocytes T au contact de la tumeur. Le blitanumomab associant un anti-CD19 et un anti-CD3 est déjà commercialisé pour le traitement des leucémies B. Le tebentafusp associe un TCR d'affinité augmentée reconnaissant le complexe peptide-gp100 HLA-A0201 et un anticorps anti-CD3 pour traiter avec succès le mélanome uvéal.
5- Cellules CAR-T (pour cellules T portant un Récepteur Antigénique Chimérique) : Les cellules CAR-T sont des lymphocytes T modifiés génétiquement dans le but de reconnaître puis éliminer les cellules cancéreuses. Le principe repose sur la production ex vivo, à l’aide d’un gène introduit dans leur noyau, de récepteurs antigéniques chimériques à la surface des lymphocytes T. La modification génétique permet également d’introduire un élément de « costimulation » qui permet à la cellule CAR-T de s’activer et d’attaquer la cellule cancéreuse un fois fixée sur elle. Cette thérapeutique est commercialisée dans le traitement des leucémies B et de certains lymphomes.
6-Lymphocytes activés : Lymphocytes T stimulés ex vivo avec pour objectif d’obtenir de grande quantité d'effecteurs avant réinjection chez le patient, pour activité anti-tumorale ou anti-infectieuse.
7- Vaccination thérapeutique anti-tumorale : Elle a pour objectif de stimuler une réponse lymphocytaire T anti-tumorale par l'introduction dans l'organisme d'Antigènes protéiques spécifiques de la tumeur sous forme immunogénique. De nombreuses méthodes sont développées à cet effet incluant protéines recombinantes, vecteurs viraux, ARN synthétique et vaccination plasmidique associé à électroporation.
8-Virus oncolytiques : Par la destruction des cellules tumorales en situation immunogénique, ils conduisent à une réponse effectrice des lymphocytes T, surtout lorsqu'ils sont associés à des immunomodulateurs.

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