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Dernière modification de cette page le 10 avril 2022
Anglais : oncogene
Espagnol : oncogén
Allemand : Onkogen
Étymologie : grec ὄγκος ónkos grosseur d'un corps, volume, masse et γένος génos naissance, origine, descendance, race, famille, parenté
adj. et n. m. Un oncogène est un gène cellulaire, présent dans les cellules eucaryotes, dont l’expression anormale est susceptible de favoriser l’apparition d’un cancer.
Les oncogènes codent pour la synthèse de protéines stimulant la division cellulaire (appelées oncoprotéines) ou inhibant la mort cellulaire programmée (apoptose). Les oncogènes mutés ou dont l’expression est anormalement altérée peuvent être responsables d’une prolifération cellulaire anarchique prédisposant au développement de cellules cancéreuses.
Certains rétrovirus cancérogènes (exemple virus aviaire de Rous) ont intégré un oncogène, ce qui confère ses propriétés cancérogènes à ce virus.

Les proto-oncogènes des cellules eucaryotes sont repartis en 6 classes qui correspondent respectivement aux oncoprotéines qu’ils codent :
1- les facteurs de croissance, par exemple, le proto-oncogène codant pour les protéines de la famille des facteurs de croissance fibroblastique (FGF, Fibroblast Growth Factor) ;
2- les récepteurs transmembranaires de facteurs de croissance, par exemple, le proto-oncogène erb B qui code pour le récepteur du facteur de croissance épidermiqie (EGF, epidermal growth factor) ;
3- les protéines G ou protéines membranaires liant le GTP, par exemple, les proto-oncogènes de la famille ras ;
4- les tyrosine protéine-kinases membranaires ;
5- les protéines-kinases membranaires ;
6- les protéines à activité nucléaire, par exemple, les proto-oncogènes erb A, fos, jun et c-myc. Certaines de ces protéines codent un récepteur de facteur de croissance (erb-B2, ret)
.L’expression des proto-oncogènes (c-onc) est modulée par des systèmes permettant de contrôler le bon déroulement du cycle cellulaire.
La régulation du cycle cellulaire est assurée par des gènes classés en deux catégories : 1- les gènes suppresseurs de tumeurs ou « antioncogènes », qui inhibent la prolifération cellulaire en ralentissant le cycle cellulaire ou en favorisant l’apoptose ; 2- les proto-oncogènes cellulaires (c-onc) qui favorisent la prolifération cellulaire en activant le cycle cellulaire.
L’apparition d’une tumeur peut résulter d’une mutation inactivatrice des « anti-oncogènes » ou, au contraire, d’une mutation activatrice des proto-oncogènes (ou oncogènes).

Historique : La découverte de l’origine cellulaire des oncogènes rétroviraux valut, en 1989, le prix Nobel de physiologie et médecine à H. E. Varmus et J. M. Bishop.