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Ozogamicine

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Pharmacognosie



Anglais : ozogamicin
Espagnol : ozogamicina
Allemand : Ozogamicin
n. f. (DCI). Dérivé hémisynthétique de la calichéamicine γ1I, antibiotique fortement cytotoxique de la classe des ènediynes , provenant de la fermentation de souches de l'actinobactérie Micromonospora echinospora. L’ozogamicine est intégrée dans des immunoconjugués (antibody-drug conjugate, ADC), dans lesquels les deux constituants, un anticorps monoclonal choisi en fonction de la cible visée et la substance cytotoxique, sont unis par un bras de liaison stable, clivable à pH acide ; après fixation sur sa cible, à la surface des cellules leucémiques, l’immmunoconjugué est internalisé par endocytose, permettant de délivrer un dérivé de la calichéamicine (le diméthylhydrazide de la N-acétyl-γ-calichéamicine) directement à l'intérieur des cellules cancéreuses ciblées (pH acide), dans le but d'augmenter l'efficacité thérapeutique et de diminuer la toxicité générale.

L'un de ces immunoconjugués, l'inotuzumab ozogamicine (DCI), comporte un anticorps monoclonal humanisé ciblant l’antigène CD22, l'inotuzumab, conjugué à l’ozogamicine. Bénéficiant depuis 2013 du statut de médicament orphelin pour le traitement de certaines formes de leucémie aiguë lymphoblastique, il a obtenu en 2017 une AMM pour le traitement, en monothérapie, des patients adultes présentant une leucémie aiguë lymphoblastique à précurseurs B, d’expression positive du CD22, en rechute ou réfractaire ; ces patients, avec chromosome Philadelphie positif, doivent avoir subi un échec lors d’un traitement antérieur comportant au moins un inhibiteur de tyrosine kinase. Disponible en France depuis le début de 2017 (ATU de cohorte), cet immunoconjugué y est désormais commercialisé (septembre 2017). Une hépatotoxicité sévère, notamment une maladie veino-occlusive hépatique, parfois d’issue fatale, a été rapportée chez des patients traités par ce médicament.
Un autre immunoconjugué, le gemtuzumab ozogamicine (DCI), dans lequel l’ozogamicine est conjuguée à un anticorps monoclonal humanisé anti-CD33 (gemtuzumab), a été autorisé aux États-Unis, dès 2000, dans le traitement de certaines formes de leucémies aiguës myéloblastiques, mais il a dû être retiré en 2010 en raison de sa forte toxicité et d’une efficacité thérapeutique insuffisante. Depuis, de nouveaux essais cliniques selon des protocoles différents des précédents, ont abouti en septembre 2017 à l’approbation de cet immunoconjugué aux États-Unis pour le traitement d’adultes souffrant de leucémie myéloïde aiguë CD33-positive nouvellement diagnostiquée ; également chez des adultes et des enfants de plus de 2 ans atteints d’une leucémie myéloïde aiguë CD33-positive, en rechute ou n’ayant pas répondu à un traitement antérieur. Le gemtuzumab ozogamicine, qui bénéficie du statut de médicament orphelin dans cette indication, est disponible en France depuis septembre 2014 dans le cadre d'une ATU de cohorte. Une AMM européenne lui a été octroyée en 2018 suivie de sa commercialisation, pour le traitement, en association avec la daunorubicine et la cytarabine, de patients âgés d’au moins 15 ans atteints de leucémie myéloïde aiguë CD33 positive non précédemment traitée (pas d’utilisation en cas de leucémie aiguë promyélocytaire). Toxicité élevée, notamment hépatique ; l’association avec la daunorubicine et la cytarabine peut provoquer des hémorragies et des infections.
Cf immunoconjugué, calichéamicine, inotuzumab ozogamicine, gemtuzumab ozogamicine.