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Dernière modification de cette page le 01 décembre 2021
Anglais : vaccine
Espagnol : vacuna
Étymologie : latin vacca vache
n. m. Préparation médicamenteuse destinée à stimuler le système immunitaire de manière à obtenir une réponse spécifique de l’organisme contre un antigène donné. Il convient de distinguer :
1- les vaccins préventifs : ces vaccins, utilisés pour prévenir les maladies infectieuses, sont constitués :
- soit d’agents pathogènes vivants (bactéries ou virus), dont la virulence a été atténuée par des passage successifs sur des milieux de culture (exemples : fièvre jaune, rougeole, rubéole),
- soit de germes non vivants, entiers, inactivés par la chaleur ou des agents chimiques (exemples : rage, hépatite A),
- soit de fractions protéiques ou polyosidiques (anatoxine, sous-unité antigénique, molécule recombinante), de masse moléculaire suffisamment importante, capables de provoquer la formation d'anticorps par les lymphocytes B et de réagir avec ceux-ci grâce à des groupes chimiques épitope.
Ces vaccins confèrent l'immunité vraie ou « active » contre une maladie bactérienne ou virale, avec, de plus, un effet mémoire.
2 - les vaccins curatifs : ces vaccins, appelés aussi vaccins thérapeutiques , sont destinés à être administrés à des patients souffrant d'une maladie déjà déclarée, comme une infection virale chronique ou un cancer, l'objectif étant, ici, de stimuler les défenses naturelles de l'organisme pour aider celui-ci à lutter contre l’infection (exemple : essais en cours de vaccin thérapeutique anti-VIH), ou contre la tumeur (exemple : essais en cours de vaccins antitélomérase)


Vaccins antibactériens

Anglais : antibacterial vaccine
Espagnol : vacuna contra el bacteriana
Les vaccins antibactériens sont de plusieurs types :
1- les vaccins classiques : ce sont soit des vaccins complets, préparés à partir de corps bactériens (coqueluche, leptospirose, peste) ; mal définis, ils sont en voie de disparition, soit des vaccins préparés à partir de corps bactériens vivants, de virulence atténuée, par adaptation à un hôte ou par passage sur des milieux de culture particuliers (exemple BCG). Ces vaccins seront de plus en plus remplacés par des vaccins obtenus par génie génétique ;
2- les vaccins constitués de fractions ou d’extraits de corps bactériens, fragments d’enveloppe, sous-unités. Ces éléments purifiés à partir du microorganisme lui-même peuvent être :
- des protéines bactériennes extracellulaires : anatoxines préparées par addition d’aldéhyde formique (formol) qui se combinent aux toxines hautement purifiées, et donnent naissance à des antigènes provoquant la formation d’anticorps neutralisants de titre très élevé (tétanos, diphtérie) ;
- des antigènes protéiques ;
- des antigènes polyosidiques, le plus souvent associés à un adjuvant (exemple vaccin de la typhoïde, du méningocoque A + C, du méningocoque A-C-Y-W135, de l’Haemophilus influenza b, du Pneumocoque) ; ces vaccins remplacent maintenant les vaccins inactivés complets ;
3- les vaccins issus du génie génétique : c'est la forme actuellement la plus avancée des vaccins, en terme de composition en antigènes, de pureté, stabilité et sécurité. Leur fabrication, à large échelle, permet l’abaissement de leur prix de revient. Trois types possibles :
- les vaccins recombinés : l’antigène protecteur est synthétisé par génie génétique à partir de cellules procaryotes (bacilles, levures) ou eucaryotes (fibroblastes de souris...) ; le gène correspondant à des épitopes protecteurs est inséré dans des fragments d’ADN (plasmide ou transposon) en s’exprimant dans la cellule eucaryote, réalisant un clonage ;
- les vaccins vivants atténués par manipulation génétique : les mutants avirulents sont obtenus par délétion dirigée d’une partie non indispensable du génome bactérien (exemple souche mutante Ty 21a de Salmonella typhi, capable de pénétrer dans la muqueuse intestinale, de s’y multiplier, puis de s’autodétruire au bout de 4 à 5 divisions ;
- les vaccins vivants recombinants (vaccins « multiples ») : souches bactériennes hybrides qui expriment la protéine vaccinale d’une autre souche pathogène lors de leur multiplication ou à leurs surfaces ;
4- les vaccins de synthèse ou vaccins synthétiques : oligopeptides correspondant aux déterminants antigéniques d’une protéine. Ne possédant pas toujours la structure spatiale de la protéine, ces vaccins n’ont en général qu’une faible immunogénicité, ce qui nécessite l’adjonction d’adjuvants ;
5- les vaccins artificiels : dans le but d’améliorer la présentation de l’antigène aux récepteurs des lymphocytes, on associe cet antigène à des constituants supramoléculaires non microbiens naturels ou synthétiques (coqueluche, pneumocoque conjugué, Haemophilus influenzae type b conjugué, méningocoque C conjugué).


Vaccins anticancer

Anglais : anticancer vaccines
Espagnol : vacunas contra el cáncer
Vaccins destinés à stimuler les défenses naturelles de l'organisme pour détruire les cellules tumorales ou limiter leur progression ; ces vaccins reposent sur l’identification de substances spécifiques associées à certaines tumeurs, utilisées comme cible de la vaccination. Ce peut être notamment 1- des antigènes tumoraux (antigène carcinoembryonnaire purifié, antigène de la prostate, produits oncogènes) ; 2- des cellules tumorales modifiées par transfert de gènes et irradiation (antigène MZ2-E pour les mélanomes, cytokines) ; 3- des cellules du système immunitaire également modifiées par transfert de gènes afin d’exprimer des molécules telles que IL2, IL4, GM-CSF.

Cf immunothérapie, chimiothérapie.


Vaccins anti-COVID-19

Anglais : antiCOVID 19 vaccine
Espagnol : vaccina contra el COVID 19
Allemand : COVID-19 Impfungen
Agent immunologique d’immunisation active contre le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère SRAS-CoV-2 (en anglais SARS-Cov-2Severe acute respiratory syndrome coronavirus 2), destiné à la prévention de la COVID-19 (Corona virus disease-19).
1- Vaccin anti-COVID-19 à ARNm
Ces vaccins sont constitués d’un ARN messager (ARNm) qui code un variant de préfusion, stabilisé en conformation (K986P et V987P), de la glycoprotéine du spicule du SRAS-CoV-2 (protéine S). Cet ARN est composé de nucléotides légèrement différents des nucléotides naturels (1-méthylpseudouridine en place de l’uridine) afin de ne pas déclencher une trop forte inflammation par production de médiateurs immunitaires, en particulier des interférons. Il est encapsulé dans des nanoparticules lipidiques, à fin de stabilisation et pour faciliter sa pénétration dans les cellules. Après injection, cet ARN messager va produire dans l’organisme la protéine virale qui va déclencher, à son tour, la réaction immunologique et la protection face à une infection ultérieure. L’organisme va donc fabriquer lui-même son propre vaccin à partir de l’injection d’une partie du code génétique du virus. Après lecture et synthèse de la protéine spicule, cet ARN messager est détruit et éliminé comme l’ensemble des ARN messagers produits par nos cellules.
Deux vaccins anti-COVID-19 à ARMm, administrables par voie intramusculaire, ont actuellement une AMM (décembre 2020) :
- le Vaccin BNT162b2 (Pfizer-BioNTech) (DCI : tozinaméran) : doit être conservé entre - 80 °C et - 60 °C, peut être conservé entre 2 °C et 8 °C pendant 1 mois avant utilisation, indiqué à partir de 12 ans à raison de 2 doses espacées de 3 à 7 semaines, puis un rappel après 5 mois recommandé en particulier chez les personnes fragiles (risque de développer une forme grave de la COVID-19);
- le mRNA-1273 (Moderna)  : doit être conservé à - 20 °C, entre 2 °C et 8 °C pendant 1 mois, indiqué à partir de 12 ans à raison de 2 doses espacées de 3 à 7 semaines.

2- Vaccin anti-COVID-19 à vecteur viral
Vaccin utilisant comme support un virus vivant, à réplication atténuée, auquel est ajoutée la séquence génétique du SRAS-CoV-2 codant la glycoprotéine de la spicule (protéine S) du SRAS-CoV-2.
Trois vaccins anti-COVID-19 à vecteur viral, administrables par voie intramusculaire, ont actuellement une AMM (mars 2021) :
- le Sputnik V ou Gam-COVID-Vac : autorisé notamment en Russie et en Hongrie, ce vaccin utilise 2 vecteurs incapables de se répliquer, les adénovirus humains Ad26 pour la première injection et Ad5 pour la seconde, recombinés pour exprimer l’intégralité de la protéine du spicule du coronavirus SARS-CoV-2, y compris son domaine de liaison aux récepteurs ACE2. Le choix de deux vecteurs différents repose sur la volonté de contourner le problème de l’immunité dirigée contre le vecteur après la 1re injection, immunité qui pourrait nuire aux effets immunogènes de la 2e injection. Sa conservation à long terme et sa distribution se font à -18 °C, mais il peut être conservé entre 2 et 8 °C. Présenté sous forme liquide, il doit être administré par voie intramusculaire, en 2 injections séparées de 21 jours ;
- le vaccin AZD1222 (AstraZeneca/Oxford) : ce vaccin utilise un adénovirus de chimpanzé ; il a été validé par l’AEM le 29 janvier 2021 pour les patients adultes à partir de 18 ans. Il peut être conservé pendant six mois à une température comprise entre 2 °C et 8 °C et est administré à raison de 2 doses espacées de 4 à 12 semaines ;
- le vaccin COVID-19 Janssen ou Ad26.COV2.S (Johnson & Johnson) , validé par la FDA le 27 février 2021 et par l’AEM le 11 mars 2021, pour les patients à partir de 18 ans. Ce vaccin est unidose ; il est stable pendant deux ans à la température de – 20 °C et au moins trois mois à une température de 2 °C à 8 °C.


vaccins antipapillomavirus humain

Synonyme(s) : vaccin anti-HPV
Anglais : human papilloma virus vaccine
Espagnol : vacuna contra el virus del papiloma humano
Vaccin préventif destiné à protéger contre les infections à papillomavirus humain (HPV) responsables de lésions précancéreuses cervicales de haut grade et de la majorité des cancers invasifs du col de l'utérus ainsi que d’autres cancers plus rares de la sphère anogénitale (vulve, vagin, pénis et anus).
Trois vaccins sont actuellement: utilisés : le vaccin bivalent (bHPV) dirigé contre les papillomavirus des 2 génotypes 16 et 18, responsables de 70 % des cancers du col, le vaccin quadrivalent (qHPV) dirigé contre les génotypes 16, 18 et les génotypes 6, 11, responsables de 90 % des lésions bénignes (condylomes génitaux), le vaccin nonavalent (9HPV) dirigé contre les génotypes 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58, responsables de 90 % des cancers du col utérin et de 80 % des lésions précancéreuses de haut grade.

La transmission du papillomavirus humain se fait par contact avec la peau et les muqueuses, le plus souvent lors de rapports sexuels. On estime que 80% des personnes sexuellement actives seront infectées au cours de leur vie. Dans la majorité des cas, l'infection s'élimine naturellement en 1 à 2 ans après la contamination. Toutefois, dans 10 % des cas, elle persiste et peut entraîner des lésions des cellules cervicales qui peuvent soit régresser, soit persister ou évoluer vers un cancer du col utérin. La vaccination n'est efficace que si elle est pratiquée avant l'exposition au virus (ou après complète guérison d'une infection). La réponse immunitaire semble meilleure lorsque le vaccin est administré chez les adolescentes avant l'âge de 15 ans.


Vaccins antivirus

Anglais : antivirus vaccines
Espagnol : vacunas contra el virus
Vaccins reposant sur des principes voisins de ceux des vaccins antibactériens, à base, le plus souvent, de virus atténués (fièvre jaune, rougeole, rubéole) ou de virus tués (rage, hépatite A).


Vaccin tétravalent contre la dengue

Cf dengue.