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Cannabis

De acadpharm
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Dernière modification de cette page le 17 novembre 2023


Pharmacognosie



Synonyme(s) : chanvre ou chanvre indien
Anglais : cannabis ou hemp
Espagnol : cannabis ou cañamo
Allemand : Hanf
Étymologie : grec κάνναϐις kánnabis chanvre, vêtement en toile de chanvre, latin cannăbis chanvre
n. m. Grande herbacée dioïque (Cannabis sativa L., appartenant au genre monospécifique Cannabis, Cannabaceae) à tige cannelée dressée et feuilles palmatiséquées (5 à 7 lobes à bords dentés) bien reconnaissables ; fleurs femelles en cymes compactes mêlées de bractées foliacées ; fruit ovoïde lisse et grisâtre (akène : chènevis). Très grande plasticité botanique et chimique de la plante selon son environnement (terrain, climat). Présence de nombreux cannabinoïdes, certains psychoactifs (Δ9-tétrahydrocannabinol = THC) et d'autres (en particulier cannabidiol = CBD) dénués des propriétés psychotropes indésirables du THC. Plusieurs types selon les teneurs respectives en THC et CBD.

Cannabis à résine

Anglais : Indian hemp ou hemp (resin type)
Espagnol : cañamo con resina ou cañamo indico
Allemand : Cannabisharz
Étymologie : grec κάνναϐις kánnabis chanvre, vêtement en toile de chanvre, latin cannăbis chanvre, latin rēsīna résine
Cannabis avec sommités florifères produisant une résine (« résine de cannabis ») à forte teneur en THC (5-20%) et dépourvue de CBD. Nombreuses présentations utilisées à des fins récréatives et entraînant une toxicomanie ; dénominations variées selon les pays et le produit utilisé (Inde : bhang, sommités femelles et mâles ; ganjah, sommités femelles et résine ; chara, résine. Afghanistan, Arabie, Égypte : haschich, analogue au ganjah, éventuellement mêlé à des produits aromatiques ou psychotropes. Maroc : kif, sommités hachées conditionnées en paquets. Mexique et États-Unis : marijuana, sommités mêlées à du tabac. Consommation en France (importante bien qu’illicite) provenant majoritairement du Maroc (résine) et des Pays-Bas (« herbe », nederwiet), également part croissante de l’autoculture. Utilisation par les toxicomanes de différentes formes de cannabis à teneur en THC de plus en plus élevée : sommités florifères femelles (herbe, marijuana, dans le jargon des utilisateurs), fréquemment fumées en association avec du tabac (joint) ; résine (haschich, hasch), consommée par inhalation de la fumée ; « huile » de cannabis, forme très concentrée en THC (50 %) obtenue par extraction du haschich par des solvants. Multiples effets pharmacologiques du cannabis après inhalation ou prise per os : le THC, très lipophile, rapidement absorbé, se lie aux récepteurs aux cannabinoïdes ; manifestations somatiques peu marquées ; effets psychiques aigus importants et très variables selon l’individu, la dose de THC, le contexte, caractérisés par des modifications de la perception sensorielle et temporelle associées à une sensation recherchée de bien-être euphorique et d’excitation intellectuelle.
Les risques aigus sont dominés par des symptômes anxieux (attaque de panique) et des hallucinations ; danger dans la conduite automobile et l’utilisation de machines. Intoxications pédiatriques potentiellement graves (troubles neurologiques, cardiaques, ventilatoires...) signalées chez de jeunes enfants à la suite d’une ingestion accidentelle de cannabis ; en France, depuis 2014 une augmentation très significative de ces cas d’intoxications pédiatriques a été observée, survenant le plus souvent dans le cadre familial et touchant notamment des enfants de moins de 2 ans, nécessitant une hospitalisation avec parfois la mise en jeu du pronostic vital.
Les risques chroniques liés au cannabis sont proportionnels à l’intensité de la consommation : troubles psychotiques, schizophrénie, syndrome « amotivationnel » surtout chez l’adolescent, diminution possible des défenses immunitaires, risques liés à l’inhalation de la fumée (cancer broncho-pulmonaire) ; dépendance psychologique associée à une dépendance physique faible. La consommation régulière par une population de plus en plus jeune constitue un véritable fléau social souvent associé à tort à une image et une culture de non-dangerosité ; effets à long terme incertains et sujets à controverses.

L’emploi du cannabis à des fins récréatives a été autorisé, sous certaines conditions, dans plusieurs États des États-Unis (le premier a été le Colorado en 2014), ainsi qu’en Uruguay (en mai 2016) et au Canada (en octobre 2018).
L’emploi du cannabis à des fins thérapeutiques a été légalisé dans un certain nombre de pays, dans des indications et selon des modalités variables selon les pays (notamment chez des malades cancéreux ou sidéens, comme antiémétique, orexigène, analgésique,…) :
- THC synthétique (dronabinol, DCI) et analogue structural synthétique du THC (nabilone, DCI), emploi per os ; formes à fumer (inflorescences titrées en THC) ; intérêt thérapeutique discuté en raison du risque d’effets psychiques indésirables.
- Association THC - cannabidiol (nabiximols, nom adopté aux États-Unis) en spray oral ; en France, AMM accordée en janvier 2014 dans le traitement de la spasticité liée à la sclérose en plaques, avec mise en place prévue d’un suivi en matière de pharmacovigilance et d’addictovigilance, non encore commercialisé en janvier 2019, mais disponible dans d’autres pays.
- Prescription possible de dronabinol ou de nabilone en France dans le cadre d’autorisations d'accès compassionnel, nominatives. Potentialités à l’étude de l’utilisation thérapeutique de dérivés non psycho-actifs.
En France, du fait de la législation actuelle, l’accès au cannabis à visée thérapeutique est difficile ; mais, en 2018 et 2019, l’ANSM a mis en place des Comités scientifiques spécialisés temporaires (CSST) dénommés « Évaluation de la pertinence et de la faisabilité de la mise à disposition du cannabis thérapeutique en France », puis « Mise en œuvre de l’expérimentation du cannabis médical en France ». Les travaux de ces Comités ont conduit à la mise en place d'une expérimentation de l'usage du cannabis médical pendant une durée de deux ans à partir de mars 2021, suivie d’une prolongation jusqu’en 2024. L’usage du cannabis à visée médicale est jugé pertinent par l’ANSM pour les patients dans certaines situations cliniques et en cas de soulagement insuffisant ou d’une mauvaise tolérance des thérapeutiques accessibles, qu’elles soient ou non médicamenteuses, en complément ou en remplacement de certaines thérapeutiques, dans cinq indications thérapeutiques : douleurs neuropathiques réfractaires aux thérapies accessibles ; certaines formes d’épilepsie sévères et pharmacorésistantes ; certains symptômes rebelles en oncologie liés au cancer ou à ses traitements ; situations palliatives ; spasticité douloureuse de la sclérose en plaques ou des autres pathologies du système nerveux central. Les produits retenus sont les sommités fleuries de cannabis à vaporiser pour inhalation (à l’aide d’un dispositif médical adapté) ; les “huiles” administrées par voie orale [i.e. extraits de sommités fleuries de cannabis mises en forme dans une huile végétale pour l’administration orale ou sublinguale]. Trois “ratios” sont définis : THC dominant / CBD dominant / THC-CBD équilibrés. Les produits utilisés, provenant de fournisseurs étrangers, répondent à un cahier des charges strict (production, qualité des matières premières et des produits finis). Un registre national électronique de suivi des patients a été mis en place. L’initiation du traitement est strictement réservée aux médecins volontaires exerçant dans des structures de référence. Cette expérimentation comporte la formation, obligatoire, des professionnels de santé prescripteurs et dispensateurs.



Cannabis à fibres

Synonyme(s) : chanvre
Anglais : hemp ou hemp (fiber type)
Espagnol : cañamo con fibras
Allemand : Ballaststoff-Cannabis
Étymologie : grec κάνναϐις kánnabis chanvre, vêtement en toile de chanvre, latin cannăbis chanvre, latin fĭbra fibre des plantes, filaments
Cannabis ayant une teneur en THC nulle ou très faible (inférieure ou égale à 0,20%). Par souci de bien le distinguer du cannabis à visée « récréative » ou « thérapeutique », on le désigne habituellement par le terme « chanvre » et parfois, pour plus de précision, par « chanvre textile », ou « chanvre industriel », ou encore « chanvre agricole » . Le chanvre est l’une des plantes les plus anciennement domestiquées et utilisées par l’Homme, dès le néolithique.

Des clones sélectionnés sont cultivés en climat tempéré, notamment en France (culture réglementée), dans plusieurs régions (Champagne-Ardenne, Sarthe,…), essentiellement pour la production des fibres (partie périphérique des tiges), de la chènevotte (partie ligneuse des tiges) et du chènevis (graines). Après un fort déclin au XXe siècle, emplois en net essor dans des domaines variés, dépendant de la partie utilisée : fibres pour les industries textile, papetière, la fabrication de cordages, etc. ; chènevotte pour la construction, l’isolation phonique et thermique, la fabrication de matériaux composites, etc. ; chènevis, tel quel pour l’alimentation d’animaux de cage ; surtout pour, par pressage, l’obtention de l’huile de chanvre, riche en acides gras polyinsaturés, utilisée en alimentation humaine et animale, en cosmétique, dans l’industrie des peintures et des vernis (huile siccative), etc.
Il est à noter que les dérogations à la réglementation des produits stupéfiants ne concernent plus les seuls usages alimentaires (graines) et de production de fibres mais également la production de fleurs “pour usages commerciaux”, depuis 2022 (Article R5132-86-1 du code de la santé publique).
Cf cannabinoïde, tétrahydrocannabinol, cannabidiol.